Faut il craindre la sécheresse pour les centrales nucléaires ?

2026 10
Date : 2026 08 10
  

Face aux canicules les centrales nucléaires résisteront-elles ?

 
 
tour autoréfrigérante centrale nucléaire

1. Le fonctionnement d'une centrale nucléaire et ses trois circuits d'eau

 
Une centrale nucléaire repose sur un principe thermodynamique fondamental où la chaleur produite par la fission des atomes d'uranium est transformée en énergie mécanique grâce à de la vapeur faisant tourner une turbine, puis en énergie électrique au moyen d'un alternateur. L'eau y joue un rôle triple et absolument vital en tant que fluide caloporteur, modérateur de réaction et fluide de refroidissement. Dans les réacteurs à eau pressurisée, qui équipent la totalité du parc nucléaire français, l'eau circule dans trois circuits strictement séparés pour éviter toute contamination radioactive de l'environnement.
Le circuit primaire fonctionne en boucle fermée et sous une pression constante d'environ 155 bar pour empêcher l'eau de bouillir malgré une température proche de 300°C. Cette eau purifiée circule dans la cuve du réacteur, extrait la chaleur dégagée par la fission du combustible nucléaire et assure la modération des neutrons nécessaires à la poursuite de la réaction en chaîne.
Le circuit secondaire est également un circuit fermé. L'eau très chaude du circuit primaire passe dans un échangeur thermique appelé générateur de vapeur, où elle cède ses calories à l'eau du circuit secondaire sans jamais se mélanger avec elle. Cette dernière se transforme alors en vapeur sous haute pression afin d'entraîner la turbine couplée à l'alternateur pour produire l'électricité.
Le circuit tertiaire, ou circuit de refroidissement, intervient juste après la turbine. La vapeur doit impérativement être condensée et redevenir de l'eau liquide pour être réinjectée dans le générateur de vapeur et recommencer le cycle. C'est le rôle du condenseur, un immense échangeur thermique composé de milliers de tubes dans lesquels circule une eau plus froide prélevée à l'extérieur dans un fleuve, une rivière ou la mer.

 

2. Les raisons physiques de la nécessité absolue de l'eau


L'eau est indispensable au fonctionnement d'une centrale pour trois raisons majeures liées à la physique et à la sûreté.
Premièrement, elle assure l'extraction de la chaleur au cœur du réacteur et permet la modération des neutrons. Sans ce fluide pour transporter les calories vers les générateurs de vapeur, la température du combustible augmenterait de manière critique en quelques secondes.
Deuxièmement, l'eau est obligatoire pour boucler le cycle thermodynamique par la condensation de la vapeur. Sans refroidissement au niveau du condenseur, la vapeur ne peut pas redevenir liquide. La pression en sortie de turbine augmenterait alors immédiatement, ce qui bloquerait la rotation des pales et stopperait net la production d'électricité.
Troisièmement, l'eau garantit la sûreté et le refroidissement d'arrêt. Même lorsque la réaction nucléaire est stoppée, le combustible continue de dégager une chaleur résiduelle issue de la décroissance radioactive des produits de fission. Un débit d'eau continu reste donc vital pendant une longue période pour éviter la surchauffe et la fonte du cœur.

 

3. L'origine du réchauffement de l'eau des fleuves et des rivières

 
Certains ne voient dans un cours d'eau QUE des poissons ils sont bien loin de la réalité

Au niveau du condenseur, la vapeur du circuit secondaire cède sa chaleur latente à l'eau de refroidissement du circuit tertiaire. Dans les centrales fonctionnant en circuit ouvert, l'intégralité de l'eau prélevée dans le cours d'eau ou la mer traverse le condenseur, absorbe cette chaleur, puis est rejetée directement dans le milieu naturel.
Ce passage entraîne une élévation de la température de l'eau restituée, généralement comprise entre 4°C et 10°C selon le débit du fleuve et la puissance des réacteurs. Ce réchauffement fait l'objet d'un encadrement réglementaire strict par des arrêtés de rejets thermiques. Ces normes fixent des températures maximales absolues à ne pas dépasser et un échauffement maximal toléré pour le cours d'eau, afin de préserver la faune et la flore aquatiques, en particulier lors des périodes de canicule ou d'étiage.

 

4. Le rôle des tours de réfrigération et le phénomène d'évaporation

 

C'est quoi ce panache ? De la vapeur d'eau (si tout fonctionne bien évidemment)

 
Les tours aéroréfrigérantes sont construites lorsque le débit du fleuve est insuffisant pour absorber directement la chaleur, ou pour limiter l'impact thermique sur l'écosystème aquatique.
Dans ces installations fonctionnant en circuit fermé, l'eau chaude provenant du condenseur est pulvérisée sous forme de fine pluie à la base d'une imposante tour en béton. Au contact de l'air ambiant qui remonte naturellement par effet cheminée dans la structure hyperboloïde, une petite partie de cette eau s'évapore. Cette évaporation absorbe une quantité importante de chaleur, ce qui refroidit le reste de l'eau qui tombe au fond du bassin avant d'être renvoyée vers le condenseur.
Ce processus engendre une perte d'eau continue par évaporation. Pour un réacteur standard de 900 à 1300 mégawatts, environ 0,4 à 0,6 mètre cube d'eau s'évapore chaque seconde dans l'atmosphère, ce qui représente entre 1,5 et 2,5 millions de litres d'eau par heure et par réacteur. Le panache blanc qui s'échappe au sommet de la tour n'est pas de la fumée mais de la vapeur d'eau condensée au contact de l'air frais. L'eau ainsi évaporée quitte le cours d'eau pour rejoindre le cycle hydrologique global, imposant un prélèvement d'appoint minimal dans le fleuve pour compenser cette perte et purger les sels minéraux.

 

5. La typologie complète des modes de refroidissement existants

 
Il existe principalement quatre types de systèmes de refroidissement  pour les centrales thermiques et nucléaires.
Le premier mode est le refroidissement en circuit ouvert aquatique, utilisé en bord de mer ou sur les très grands fleuves. Il effectue un prélèvement d'eau très élevé, atteignant 40 à 50 mètres cubes par seconde et par réacteur, mais sa consommation par évaporation est quasi nulle. Son impact thermique direct sur le cours d'eau est en revanche élevé.
Le deuxième mode est le refroidissement en circuit fermé humide avec tour aéroréfrigérante. Le prélèvement d'eau dans le fleuve y est très faible, de l'ordre de 2 à 3 mètres cubes par seconde pour assurer l'appoint, mais la consommation d'eau par évaporation y est significative car elle représente environ un tiers de l'eau prélevée. L'impact thermique sur le fleuve y est très réduit.
Le troisième mode est le refroidissement sec, ou aéroréfrigérant sec. L'eau chaude y circule dans des échangeurs à ailettes refroidis par d'imposants ventilateurs, selon le principe du radiateur automobile. Ce système n'entraîne aucune consommation ni aucun prélèvement d'eau en fonctionnement normal et n'a aucun impact thermique sur les cours d'eau. Il nécessite toutefois des installations gigantesques et réduit le rendement électrique de la centrale de 5 à 10 %, particulièrement par forte chaleur.
Le quatrième mode est le refroidissement hybride. Il combine des échangeurs secs et humides afin de supprimer le panache visible en hauteur et de réduire la consommation d'eau globale durant la saison chaude, tout en maintenant un bon niveau de rendement.

 

6. Synthèse : Une centrale nucléaire au bord d'un fleuve peut-elle fonctionner sans eau ?

 
Une centrale nucléaire installée près d'un fleuve ne peut pas fonctionner sans l'eau de ce cours d'eau.
L'eau est physiquement et techniquement irremplaçable pour condenser la vapeur du circuit secondaire et maintenir la production d'électricité. Si l'approvisionnement en eau de refroidissement venait à s'interrompre, la centrale devrait immédiatement être mise à l'arrêt pour des raisons impératives de thermodynamique et de sûreté. Même après l'arrêt complet de la réaction nucléaire, la présence d'eau reste obligatoirement requise en permanence pour évacuer la chaleur résiduelle du combustible et garantir la sécurité des installations.

 

7. Annexe : Description du mouvement de l'eau dans le circuit refroidi par tour

 
Pour visualiser la circulation du fluide dans une centrale équipée d'un aéroréfrigérant, on peut découper le mouvement de l'eau en quatre phases successives.
La première phase concerne le circuit primaire, où l'eau circule sous très forte pression dans la cuve autour du cœur nucléaire. Elle se réchauffe intensément jusqu'à 300°C sans bouillir, puis traverse le générateur de vapeur avant de revenir vers le cœur.
La deuxième phase se déroule dans le circuit secondaire, où l'eau liquide pénètre dans le générateur de vapeur, se transforme en vapeur sous pression, traverse les pales de la turbine pour les faire tourner à grande vitesse, puis descend dans le condenseur.
La troisième phase se situe dans le circuit tertiaire, où l'eau plus froide prélevée dans le milieu naturel entre dans le condenseur pour absorber la chaleur de la vapeur du circuit secondaire, devenant tiède avant d'être envoyée vers la tour aéroréfrigérante.
La quatrième phase se passe dans la tour de refroidissement, où l'eau tiède est pulvérisée. Un courant d'air ascendant la refroidit par évaporation partielle, créant un panache de vapeur d'eau condensée qui s'échappe par le sommet, tandis que l'eau refroidie retombe dans la piscine inférieure pour repartir vers le condenseur.

Le fonctionnement en zones arides.

 

 1. Principes fondamentaux du fonctionnement nucléaire en zone aride

 
Une centrale nucléaire repose sur l'extraction de la chaleur issue de la fission d'atomes d'uranium pour transformer de l'eau en vapeur sous haute pression. Cette vapeur met en mouvement une turbine couplée à un alternateur produisant l'électricité. Pour fermer le cycle thermodynamique, la vapeur doit impérativement retrouver son état liquide au contact d'un condenseur maintenu froid. L'accès à une source froide demeure donc une contrainte physique absolue, même au cœur du désert.

 

2. Implantation littorale et recours à l'eau de mer

 


 
La méthode privilégiée par les pays arides consiste à bâtir les installations nucléaires sur les côtes maritimes, comme la centrale de Barakah aux Émirats arabes unis sur le Golfe Persique ou celle d'El-Dabaa en Égypte sur la Méditerranée. L'eau de mer y est prélevée en continu pour refroidir le condenseur avant d'être rejetée dans son milieu d'origine. Cette configuration offre un gisement d'eau illimité et affranchit les réacteurs des aléas liés au débit des fleuves continentaux.

 

3. Adaptation matérielle aux températures extrêmes

 
L'utilisation d'eau de mer chaude en région désertique impose des modifications structurelles appelées tropicalisation. Durant la période estivale, la température de la mer dépasse souvent trente-cinq degrés Celsius. Les ingénieurs conçoivent donc des condenseurs surdimensionnés dotés de surfaces d'échange métalliques plus vastes et emploient des alliages en titane résistants à la corrosion saline pour garantir le transfert thermique.

 

4. Cogénération et dessalement de l'eau de mer

 
Au-delà de la simple production d'électricité, les réacteurs nucléaires établis en milieu aride intègrent fréquemment des unités de dessalement d'eau de mer. Une fraction de l'énergie thermique ou électrique générée alimente des procédés de distillation ou d'osmose inverse. Le complexe nucléaire convertit ainsi la ressource saline locale pour fournir en parallèle de l'électricité et de l'eau douce potable aux agglomérations voisines.

 

5. Exploitation des eaux usées retraitées dans les terres

 
Lorsqu'une centrale doit être implantée loin des côtes, l'alimentation du circuit de refroidissement s'effectue par l'acheminement des eaux usées issues des grandes métropoles adjacentes. Après un traitement d'épuration poussé, ces effluents urbains sont injectés dans des tours de refroidissement pour assurer la condensation de la vapeur, préservant ainsi l'intégralité des réserves d'eau douce naturelles du territoire.

 

6. Échangeurs aéroréfrigérants secs et limites thermiques

 
Le refroidissement sec constitue une alternative par laquelle l'eau du circuit circule dans de vastes grilles métalliques refroidies par un flux d'air forcé généré par des ventilateurs. Bien que ce dispositif élimine les pertes d'eau par évaporation, il demeure soumis à une baisse de rendement notable lorsque l'air ambiant dépasse quarante degrés Celsius et ne peut remplacer le besoin d'eau dédié aux systèmes de sûreté du réacteur.

Inévitables questions autour de l'approvisionnement en eau.

 

1. Une centrale peut-elle fonctionner sans eau ?

 
Non, c'est physiquement impossible. L'eau est indispensable pour refroidir et condenser la vapeur en sortie de turbine afin d'entretenir le cycle thermodynamique. De plus, un apport d'eau continu est vital pour évacuer la chaleur résiduelle du combustible nucléaire et maintenir la sûreté du réacteur, même à l'arrêt.

 

2. L'eau des fleuves est-elle réchauffée ?

 
Oui. Dans le condenseur, la vapeur transmet sa chaleur à l'eau de refroidissement prélevée dans le cours d'eau. En circuit ouvert, cette eau est rejetée plus chaude de 4 à 10 °C dans le fleuve. En circuit fermé, les tours aéroréfrigérantes évacuent une grande partie de cette chaleur dans l'air. La centrale de Civaux rejetterait de l'eau plus froide moins chaude que lors de son entrée ! La vérité c'est que lors des épisodes où le débit de la Vienne est faible le refroidissement est assuré sans pomper ni rejeter d'eau dans la Vienne, pendant seulement 10 jours ... après ?

 

3. Le réchauffement peut-il mettre en péril la vie du fleuve en cas de sécheresse ?

 

la Loire asséchée à Saumur bancs de sable
Les bancs de sable de la Loire à Saumur

Oui. L'élévation de température diminue la concentration en oxygène dissous et accélère le développement d'algues. Combiné à un débit très faible en période de sécheresse prolongée, cet échauffement perturbe gravement la faune aquatique, ce qui impose d’abaisser la puissance des réacteurs ou de les arrêter pour protéger l'écosystème. NDLR : des dérogations permettent de s'affranchir de ces limites. Entre protection des écosystèmes et production il faut choisir !
 
Article L. 593-14 du Code de l'environnement : Permet à l'autorité de sûreté de modifier temporairement les prescriptions de rejet thermique ou de prélèvement d'eau attribuées à une centrale pour maintenir sa production malgré des températures d'eau élevées ou des débits faibles, sous réserve de surveillance renforcée de l'environnement.
 

 

4. Peut-on arrêter la centrale pour qu'elle ne consomme plus d'eau ?

 
L'arrêt réduit considérablement les besoins en eau car la production d'électricité cesse. Cependant, la consommation d'eau ne tombe pas à zéro : le combustible usé reste très chaud et doit être refroidi en piscine pendant plusieurs années, nécessitant une circulation d'eau continue pour assurer la sécurité de l'installation.

Code de l'environnement – Article L. 593-23 :
En cas d'inconvénients ou de péril grave pour la protection de la santé publique ou de l'environnement (par exemple l'impossibilité matérielle d'assurer le refroidissement de sûreté), l'autorité administrative ou l'autorité de sûreté peut ordonner la suspension du fonctionnement ou la mise à l'arrêt de l'installation. 

 

5. Quelles solutions si l'eau du fleuve se tarit ?

 
Si le débit chute sous les seuils de sûreté, la centrale est immédiatement arrêtée. Les solutions techniques consistent à utiliser l'eau de bassins de retenue dédiés, basculer sur des circuits fermés avec tours de refroidissement, adapter les condenseurs au refroidissement sec, ou transférer la production vers des centrales littorales.

 

6 Une centrale nucléaire consomme t-elle beaucoup d'eau ?

 
Dans le secteur nucléaire français, il convient de distinguer le prélèvement d’eau (flux prélevé puis quasi intégralement restitué au milieu) de la consommation d’eau, qui désigne l'eau non restituée sous forme liquide et libérée dans l'atmosphère.
L'usage de l'eau est indispensable au refroidissement des réacteurs à eau sous pression (REP). Cependant, l'impact sur la ressource dépend de la technologie employée :
Les circuits ouverts (18 réacteurs en bord de mer et 8 en bord de cours d'eau) prélevaient des volumes importants (40 à 50 m³/s) mais en restituent près de 100 %. Leur enjeu réside surtout dans le réchauffement de l'eau rejetée (environ +10 °C).
Les circuits fermés (30 réacteurs équipés de tours aéroréfrigérantes) prélèvent nettement moins d'eau (~2 m³/s), mais en consomment une part significative. Environ 40 % de l'eau prélevée s'échappe sous forme de vapeur d'eau atmosphérique, réduisant le taux moyen de restitution à 76 % (et jusqu'à 63 % à Civaux).
Ainsi, la véritable consommation d'eau provient des centrales en circuit fermé qui évaporent la ressource au lieu de la rendre au cours d'eau. Face au dérèglement climatique, la gestion de cette consommation représente un défi majeur : elle force à arbitrer entre préservation du niveau des fleuves et limitation de leur échauffement, pouvant parfois imposer l'arrêt de réacteurs en cas de faible débit (comme à Chooz).

 

La Loire et les centrales nucléaires

 
Les quatre centrales nucléaires installées directement le long du fleuve de la Loire sont, d'amont en aval :

1. Belleville-sur-Loire (Cher)–2 réacteurs de 1 300 MW. 
2. Dampierre-en-Burly (Loiret)–4 réacteurs de 900 MW. 
3. Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher)–2 réacteurs de 900 MW. 
4. Centrale de Chinon (Indre-et-Loire) – 4 réacteurs de 900 MW. 

(Note : La centrale de Civaux est située sur la Vienne, un affluent direct de la Loire, ce qui porte à 5 centrales et 14 réacteurs l'ensemble du bassin versant de la Loire). 

 

1. Combien de fois l'eau de la Loire passe-t-elle dans les centrales ?

 
Une même masse d'eau s'écoulant depuis la source du fleuve vers l'océan Atlantique croise successivement ces installations et peut passer jusqu'à 4 fois (ou 5 fois en comptant la Vienne) dans les systèmes de prélèvement et de refroidissement des centrales nucléaires du Val de Loire.
Toutefois, comme l'ensemble des réacteurs situés sur la Loire fonctionne en circuit fermé avec des tours aéroréfrigérantes, chaque centrale ne prélève qu'un débit réduit (de l'ordre de 2 à 3 m3/s par réacteur). La grande majorité de l'eau du fleuve s'écoule ainsi sans entrer dans le système de condensation des centrales. 

 

2. De combien de degrés la température a-t-elle augmenté au final ?

 
L'augmentation thermique globale cumulée due au parc nucléaire sur l'ensemble du cours de la Loire est estimée à moins de 0,5 °C à 1 °C au total.
Deux facteurs expliquent cette faible hausse globale :
L'efficacité du circuit fermé : Dans les tours aéroréfrigérantes, l'essentiel des calories est évacué vers l'atmosphère sous forme de vapeur d'eau. En conséquence, l'échauffement direct de l'eau rejetée dans le fleuve juste en aval d'une centrale reste minime, généralement compris entre 0,1 °C et 0,5 °C après mélange complet. 
La dissipation thermique naturelle : Les sites sont espacés de plusieurs dizaines à plus de cent kilomètres. Sur ces distances, les calories résiduelles apportées au fleuve se dissipent naturellement par évaporation et échanges thermiques avec l'air ambiant avant que l'eau n'atteigne le site suivant.
L'augmentation naturelle des températures de la Loire (fluctuations saisonnières, canicules et réchauffement climatique) demeure très supérieure à l'apport thermique net des rejets nucléaires.

 

3. Quelle est la consommation d'eau nette et quels sont les volumes prélevés

 
Dans l'analyse des besoins en eau du parc nucléaire ligérien, il est indispensable de séparer le prélèvement temporaire de la consommation définitive par évaporation. Les quatre centrales réparties le long du fleuve prélevaient cumulativement entre cinq cents et sept cents millions de mètres cubes d'eau par an. La quasi-totalité de ce volume est immédiatement restituée au milieu naturel quelques centaines de mètres en aval des prises d'eau. La perte nette, causée par l'évaporation au sommet des tours d'aéroréfrigération pour l'ensemble du bassin de la Loire et de la Vienne, s'élève en réalité à environ cent cinquante à deux cents millions de mètres cubes d'eau par an.

 

4. Quel est l'impact sur la hauteur d'eau de la Loire

 
Sans l'existence de ces centrales nucléaires, la hauteur d'eau du fleuve ne serait supérieure que d'une valeur comprise entre quelques millimètres et deux ou trois centimètres selon les périodes de l'année. En régime moyen, avec un débit du fleuve tournant autour de trois cent cinquante mètres cubes par seconde, l'évaporation continue des réacteurs représente environ un à un demi pour cent du débit total, soit une différence de hauteur inférieure à cinq millimètres sur une largeur de lit moyenne. Lors des étiages estivaux les plus prononcés, quand le débit peut chuter à cinquante mètres cubes par seconde, la part évaporée atteindrait cinq à huit pour cent du débit, ce qui équivaut à une variation de niveau de un à trois centimètres maximum.

 

5. Quel est le rôle les barrages réservoirs

 
La baisse de niveau du fleuve pendant les mois d'été est compensée par un système de soutien d'étiage géré en amont du bassin versant. Les barrages de retenue de Naussac sur l'Allier et de Villerest sur la Loire effectuent des lâchers d'eau réguliers durant toute la saison sèche. Ces apports d'eau artificiels restitués au fleuve égalent ou dépassent le volume total évaporé par les tours de refroidissement, ce qui garantit le maintien du niveau d'eau et la préservation de l'écosystème aquatique.
 

 

Quel est le point de vue du CRIIRAD 

 
Sans eau, pas de centrale nucléaire !
 
L’essentiel à retenir en 10 phrases :
1. Toutes les centrales nucléaires sont implantées près d’une source d’approvisionnement en eau : littoral ou rives d’un grand cours d’eau.
2. L’eau est un élément vital qui sert au refroidissement du réacteur car les 2/3 de la chaleur produite ne sont pas convertis en électricité et doivent être évacués.
3. Dans les réacteurs en circuit ouvert, l’eau réchauffée est rejetée dans le milieu aquatique d’origine (mer, estuaire, fleuve, rivière).
4. Dans les réacteurs en circuit dit fermé, elle est rejetée en grande partie dans l’atmosphère sous forme de vapeur via des tours aéroréfrigérantes.
5. Les besoins en eau sont considérables : 2 à 4 m3 / seconde pour un réacteur en circuit fermé et 40 à 60 m3 / seconde pour un réacteur en circuit ouvert.
6. En France, parmi les 56 réacteurs nucléaires en fonctionnement, 38 sont refroidis avec de l’eau douce de surface issue d’un cours d’eau.
7. 70% de la totalité de l’eau douce de surface prélevée entre 2012 et 2019 l’a été pour le parc nucléaire (15,4 milliards de m3/an).
8. Avec 14 réacteurs dont 8 en circuit ouvert, le Rhône est le fleuve où les prélèvements d’eau sont les plus massifs : ils s’élèvent en moyenne à 375 m3 / seconde.
9. Les prélèvements du Rhône représentent 22% de son débit moyen (1 680 m3/s) et dépassent son débit d’étiage* attendu tous les 30 ans (370 m3/s).
10. Le réchauffement climatique accroîtra les conflits
 
Source https://www.criirad.org/le-saviez-vous-nucleaire-eau/
 
Je n'ai pas, volontairement, abordé le problème des rejets de matières radioactives dans les fleuves et dans l'air. Ils nécessitent à eux seuls, un très, long article, néanmoins vous pouvez consulter le lien ci-dessous. Un autre sujet pourrait être également abordé celui de la mortalité animale due à la présence de centrales nucléaires. 
 
L’exploitation des centrales nucléaires génère des effluents radioactifs et chimiques qu’EDF est autorisée à rejeter dans l’environnement, par voie liquide et gazeuse. [ LIEN ]
 

En guise de conclusion.

 
Antoine Waechter disait lors de l'émission 28 minutes ARTE entre une réalité le réchauffement  climatique et une hypothèse l'accident nucléaire il faut choisir ...   voyez le lien ci-dessous youtube compteur 10'42
 
 
Et vous qu'en pensez-vous ?
 
 
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Mes sources et mes références documentaires

La CRIIRAD et la veille d'info du 03 au 21 août 2026   sécheresses et méduses .LIEN
 
 
 
Les informations rassemblées dans cet article pédagogique s'appuient sur les documentations techniques et réglementaires des organismes de référence du secteur énergétique et de la sûreté nucléaire.
Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives fournit les éléments relatifs aux circuits de transfert thermique et au rôle du fluide caloporteur.
Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire détaille les impératifs de refroidissement d'arrêt et la gestion des ressources en eau lors des épisodes de sécheresse.
Électricité de France documente le fonctionnement technique des tours aéroréfrigérantes et les débits d'évaporation associés.
Autorité de Sûreté Nucléaire encadre la réglementation sur les limites de rejets thermiques et les prélèvements dans les milieux aquatiques. Enfin, la Société Française d'Énergie Nucléaire synthétise les données d'ingénierie relatives aux différents modes de refroidissement. 
 
 

Article en Lecture sur Calameo


 


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2 commentaires:

  1. Un article très bien fait et qui tombe à pic puisque j'ai entendu récemment, sur une chaîne d'information française et privée, un spécialiste affirmer que le nucléaire français était sous contrôle, puisque, en cas de bas débit en eau, il suffisait d'arrêter le réacteur.

    RépondreSupprimer
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    1. Bonjour Jean-François, c'est toujours avec un grand plaisir que j'accueille vos commentaires. Vous avez raison, avec le nucléaire tout est toujours "sous contrôle" il suffit de consulter la liste non exhaustive des accidents dits nucléaires. Non exhaustive car certains pays ne communiquent tout simplement pas, des incidents passent également sous les radars puisque qualifiés "secret défense" ,si cela concerne les guerre ou conflits ... bien cordialement

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