Où va le blaireau la nuit ? Secrets, amours et pièges de la route !


La faune sauvage paie un lourd tribut à la circulation routière


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Blaireau d'Europe. Une fin misérable

Constat général. 

 

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Circulation routière et faune font mauvais ménage


La circulation routière et autoroutière.

Les collisions routières constituent l'une des principales causes de mortalité non naturelle pour la faune sauvage, touchant particulièrement le Blaireau d'Europe. Cet animal nocturne, guidé par des habitudes territoriales rigides et des coulées transmises de génération en génération, traverse les axes de circulation sans adapter son comportement.

Si les passages à faune et les blaireauducs représentent des solutions techniques parfois efficaces, ils demeurent encore largement anecdotiques. Ce retard s'explique par des investissements lourds, prioritairement réservés aux grands projets routiers neufs, tandis que le réseau secondaire, pourtant le plus meurtrier, souffre d'un manque criant de financements. De plus, un aménagement est inefficace sans un étagement de clôtures adéquat pour canaliser les animaux.

Pour dépasser ce stade marginal, l'action publique doit évoluer à travers plusieurs leviers complémentaires. Il convient d'optimiser l'existant en aménageant des banquettes sèches dans les buses d'écoulement et les ponts actuels pour un coût modéré. Il est également nécessaire d'intégrer les corridors biologiques dans les documents d'urbanisme pour cibler les points noirs prioritaires, tout en modérant, et faisant respecter,  la circulation par un abaissement de la vitesse sur les portions à haut risque identifiées.

Réduire cette mortalité nécessite ainsi de transformer ces initiatives isolées en une politique globale d'aménagement du territoire, conciliant la sécurité des automobilistes et la préservation de la nature et des êtres qui la peuple.

Le Blaireau d'Europe.

 

Déplacements des Blaireaux

 
Le blaireau d'Europe évolue au cœur d'une zone géographique bien définie : son domaine vital. Durant les périodes clés de l'année, comme le rut ou l'élevage des blaireautins, ce territoire peut être ardemment défendu contre toute intrusion de congénères. L'étendue de cette zone n'est toutefois pas figée ; elle varie au fil des saisons en fonction de l'abondance ou de la rareté de la nourriture.

Les distances parcourues par notre tesson dépendent directement des ressources disponibles. Une nuit pluvieuse, particulièrement propice à la sortie des vers de terre en surface, demande bien moins d'efforts de recherche qu'une chaude nuit d'été en pleine canicule. Dans ses observations, Robert Hainard rapporte d'ailleurs le cas de blaireaux ayant parcouru plusieurs kilomètres simplement pour aller s'approvisionner dans une vigne.

Cependant, la recherche de nourriture ou d'un partenaire sexuel n'explique pas seule tous ses déplacements. Le blaireau aime aussi « rendre visite » à ses voisins. Il lui arrive ainsi de quitter le territoire de son groupe social pour rejoindre une unité familiale plus éloignée. Enfin, ce sont les mouvements d'émancipation des jeunes blaireautins qui donnent lieu aux déplacements les plus importants.

Principaux déplacements. 

 
Toutes les études menées sur l'espèce s'accordent sur un point : les déplacements du blaireau augmentent considérablement lors de la période de rut, entre janvier et mars. Même si les accouplements peuvent avoir lieu tout au long de l'année, ce début d'année marque un pic d'activité marquant.

Malheureusement, à de très rares exceptions près, le territoire des blaireaux intègre presque toujours des fragmentations d'origine anthropique : routes, autoroutes, voies ferrées ou voies navigables viennent couper leur domaine vital.

Si ces axes de circulation provoquent déjà une mortalité « ordinaire » le reste du temps, l'arrivée de la période des amours change dramatiquement la donne : avec l'augmentation des déplacements, les accidents impliquant notre compère explosent.

Un triste constat

 
Depuis mon installation en Maine-et-Loire, c'est à coup de pédales que j'effectue l'ensemble de mes déplacements sur le terrain. Que ce soit pour des sessions de reconnaissance, de l'observation naturaliste ou de la chasse photographique, le vélo s'impose comme mon meilleur allié. Ce mode de locomotion doux et respectueux de l'environnement m'offre une proximité inégalée avec le vivant… mais il me confronte aussi directement à ses sombres réalités.

À cette vitesse, impossible de rater ce que le trafic automobile laisse derrière lui. Depuis le mois de janvier, au fil de mes sorties, le constat est saisissant : j'ai dénombré pas moins de six blaireaux victimes de la circulation. Six cadavres en seulement trente jours de prospection. Un chiffre marquant qui donne une triste mais fidèle idée de l'hécatombe qui se joue quotidiennement sur les petites routes de campagne de notre secteur.

Le dernier en date a été relevé tout récemment, au niveau du pont de Gâstines qui enjambe le Thouet. L'avant-dernier, tout aussi malheureux, venait tout juste de quitter la couverture protectrice de la forêt. Fauché de plein fouet au débouché même de sa coulée, il n'aura jamais eu le temps d'atteindre les cultures voisines, traitées au glyphosate, où il s'en allait chercher quelques vers pour se nourrir.

En parcourant nos paysages à petit rythme, le nez au vent, on apprend à lire la nature sauvage dans ce qu'elle a de plus beau, mais aussi dans sa vulnérabilité face à nos aménagements. Soyons tous vigilants sur la route : la faune nocturne et/ou crépusculaire paie un tribu bien trop lourd à notre mobilité.

👴Bon à savoir :  Le mâle est appelé blaireau, la femelle, blairelle, les petits blaireautins et non pas bébé


L'enquête photographique.

 

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Le cadavre au débouché de la coulée

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Le cadavre au débouché de la coulée

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Le cadavre au débouché de la coulée

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Le cadavre au débouché de la coulée

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Le cadavre du blaireau

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Vue sur les griffes d'une patte

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La coulée traverse une haie puis un fossé pour enfin déboucher sur une route

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Aspect d'un chaume passée au glyphosate ? en face de la coulée


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5 commentaires:

  1. Bonjour, très bon article sur la connaissance et la sensibilisation du petit ours encore très mal connu et en plus, quant on sait que la plus importante mortalité de ce mustélidés sont les collisions routières, surtout pendant cette période hivernale ou le soleil se couche encore très tôt et que la circulation est encore très fort sur les routes en ce mois de février.

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  2. Merci Ludovic pour votre commentaire. C'est toujours agréable de recevoir des compliments surtout venant de vous qui connaissez si bien notre compère.
    N'avions nous pas échangé nos liens respectifs cela m'échappe complétement ...à suivre.
    Vous connaissez mon adresse ;-) bien cordialement à vous
    Jean-Paul

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  3. Bonjour Jean-Paul, de mon côté oui; d'ailleurs j'ai mis un lien direct sur votre site dans le sommaire au chapitre le blaireaulogue, ses amies et Cie. et bien sur la page qui apparaît c'est celle de l'article sur le blaireau. Bonne journée à vous. Ludo

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    1. Bonjour Ludovic c'est noté. Je viens de mettre votre site en lien dans RESSOURCES Bien cordialement à vous (j'avais dû zapper). Jipé

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  4. Super sympathique à vous Jipé merci beaucoup.
    Ludo

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